lundi 15 septembre 2014

Professions réglementées : la proie pour l'ombre

Le projet de loi sur la croissance et le pouvoir d'achat, annoncé par le Gouvernement, devrait être présenté en conseil des ministres au début du mois d'octobre.
Au-delà du dossier des professions réglementées qui suscite de nombreuses et légitimes inquiétudes dans les secteurs concernés (notaires, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, huissiers de justice...) le texte en préparation serait une loi « fourre-tout », un texte bavard qui comporterait également des dispositions relatives à l'urbanisme et au travail dominical.
En réalité, ce projet de loi repose au mieux sur une illusion et au pire sur une malhonnêteté intellectuelle.
Il apparaît en effet excessif et injuste de prétendre que les difficultés économiques de notre pays sont essentiellement liées au statut de certaines professions qu'il suffirait de supprimer ou de réformer pour augmenter le pouvoir d'achat et relancer la croissance.
Personne ne peut le croire et tout le monde sait, au contraire, que l'économie française souffre d'un poids trop important de la dépense publique (56 % du PIB contre 46 % en moyenne chez nos voisins européens) et, corollairement, d'un poids trop important des prélèvements obligatoires fiscaux et sociaux (46 % du PIB contre 36 % chez nos voisins européens).
Ce n'est donc pas en accusant et en stigmatisant certaines professions que la situation s'améliorera.
Au contraire, les difficultés que rencontreront inévitablement les secteurs concernés accroitront le chômage, notamment dans des régions rurales où la présence des professions libérales constitue un réel atout pour l'activité économique.
De surcroit, les professions réglementées, tant dans le domaine juridique que dans le domaine médical, assurent de véritables missions de service public avec la sécurité qui en résulte pour la population.
Une fois de plus, le Gouvernement s'enferme dans l'idéologie et cède à la facilité d'une opération de communication plutôt que d'entreprendre les réformes de structure dont notre société a besoin pour retrouver le chemin de la compétitivité, de la croissance économique et de l'emploi.
Une fois de plus, le Gouvernement nie la réalité, fuit ses responsabilités et lâche la proie pour l'ombre.

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