jeudi 14 mars 2013

Ecole : Le manque d’ambition du Ministre

Le projet de loi sur la refondation de l’école est actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Dans la langue française - d’ailleurs si souvent mise à mal dans notre système scolaire - le mot « refondation » signifie « une reconstruction, des bases et des valeurs nouvelles ». On ne peut malheureusement que constater que le projet de loi présenté par Monsieur Peillon est très éloigné de cette définition. 

Le principal argument et leitmotiv du gouvernement réside dans la suppression de postes d’enseignants depuis une dizaine d’années. Il convient sur ce point de rappeler que le taux d’encadrement des élèves, du fait de l’évolution démographique, est bien supérieur à ce qu’il était il y a 20 ans. 

Il convient également de rappeler que les situations, à cet égard, sont très contrastées entre l’école, le collège et le lycée.

Il apparaît donc clairement que l’approche purement quantitative du ministre relève davantage d’un procès d’intention que d’une véritable ambition pour l’école.

Cette ambition devrait reposer sur trois idées-force :
  • Revenir à la vocation première de l’école qui est la transmission du savoir et donc cesser de demander à l’école de régler tous les problèmes de la société.
  • Restaurer les relations parents - enfants - enseignants en réaffirmant que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants.
  • Libérer les initiatives actuellement étouffées par un système beaucoup trop centralisé et imposé par des syndicats arc-boutés sur une exigence de cogestion incompatible avec l’intérêt des élèves.
Aux lieu et place de ces véritables ambitions, les soixante articles du texte se limitent au mieux à un toilettage du code de l’éducation et, au pire, à une remise en cause dogmatique d’institutions qui avaient pourtant fait preuve de leur utilité tel que le Haut Conseil de l’Education.

Il faut également noter l’absence totale de référence aux activités physiques et sportives, manifestement oubliées par le ministre alors qu’elles concourent, de l’avis général, à l’équilibre et à l’épanouissement des élèves.

Emprisonnés dans l’idéologie et le corporatisme, le ministre de l’Education nationale et la majorité parlementaire n’ont manifestement pas mesuré les enjeux fondamentaux de notre système scolaire.

Il ne faut donc pas s’étonner que le texte se réduise à un catalogue de mesures techniques, par nature discutables, alors qu’il aurait pu et dû être une vision et une ambition nationales partagées pour l’avenir de notre système scolaire et l’intérêt de notre jeunesse.

1 commentaire:

  1. Je suis d'accord avec certains points de votre analyse : il revient, je le pense, aux parents d'exercer la première éducation des enfants et ils doivent en être les acteurs permanents. Toutefois, cela ne doit pas exonérer les enseignants de produire une continuité de cette éducation dans l'école. Aujourd'hui, beaucoup refusent d'assurer ce qu'on appelle la discipline. Or, puisqu'il faut parfois revenir à des concepts qui avaient leur preuve par le passé le mot "discipline" était associé à la matière enseignée. On demandait aux enseignants : Quelle discipline enseignez-vous ? et aux élèves dans quelle discipline réussissez-vous le mieux. Donc, ce rejet implicite de la discipline par les enseignants même est un des vrais problèmes de l'éducation des enfants à l'école. Trop d'enseignants considèrent que cela revient à d'autres dans l'école qu'à eux mêmes. Par ailleurs, même si je partage votre opinion concernant la nécessaire libération des initiatives des enseignants, je suis surprise que vous considériez qu'elle ait été "étouffée". Je ne pense pas du tout que cela soit le cas, bien au contraire. On n'a jamais autant développé la dynamique de projets dans les établissements qu'aujourd'hui. En revanche, que les organisations syndicales voient toujours d'un mauvais oeil, justement, ce qui serait de nature à rendre le système plus proche des réalités du terrain et moins centralisateur est il me semble ce qui leur revient essentiellement. Il est curieux de voir que la principale organisation rejette toujours avec autant de véhémence le mot "Pédagogie". Toute initiative est considérée parfois comme anti-pédagogique par les uns tout simplement parce que cela entraînerait le maître à engager davantage de son temps pour mettre en oeuvre des projets. Il donnerait en plus le mauvais exemple à ses collègues. Il n'y aurait pas de moyens pour organiser une pédagogie digne de ce nom. Là encore, je n'ai jamais vu un seul enseignant qui voulant construire un projet novateur aurait été arrêté dans sa démarche par le "système". Il s'agirait davantage de l'opinion publique qui s'exerce en salle des professeurs ou encore d'un directeur ou chef d'établissement fonctionnaire qui ne voudrait pas encourager par son immobilisme toute initiative. Ce n'est pas toujours le ministre qui manque d'ambition !

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