vendredi 9 novembre 2012

Commémoration de la guerre d'Algérie au 19 mars : un choix de division

Je déplore très vivement la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Le 19 mars marque certes le cessez-le-feu officiel mais en aucun cas la fin des hostilités et des morts. Longtemps après, le sang a encore coulé. En retenant cette date, on laisse délibérément de côté les milliers d'Européens et les quelque 80.000 harkis tués après le cessez-le-feu. Ils sont oubliés, abandonnés par manœuvre politicienne à la veille du déplacement du Président de la République à Alger. Le bon déroulement d'une visite officielle a-t-il plus d'importance que nos morts ? Et bien au-delà de ces tristes considérations, nous n'avons pas à faire acte de repentance perpétuelle et continuelle.

En 2003, le Président Jacques Chirac avait volontairement choisi la date neutre du 5 décembre pour rendre hommage aux seuls «morts pour la France» pendant la guerre d'Algérie, appuyé en cela par dix des onze principales organisations d'anciens combattants. Il s'agissait d'un choix responsable. En remettant en cause pour des raisons politiciennes et idéologiques cette date de consensus, la majorité socialiste fait le choix de la division alors que les plaies et les blessures sont encore vives.

Je m'associe entièrement aux associations de rapatriés et de harkis, à l'Union nationale des combattants (UNC), aux ACPG-CATM et à la trentaine d'association fortes de 1.200.000 adhérents au total qui ont exprimé leur vive opposition à ce texte.

Contexte : Le Sénat vient d'adopter définitivement une proposition de loi reconnaissant le 19 mars comme journée nationale du souvenir à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Ce texte avait été adopté par l'Assemblée nationale, alors déjà sous majorité socialiste, en 2002, à l'initiative de Lionel Jospin. La date du 19 mars 1962 renvoie à l’application de l’accord de cessez le feu, signé à Evian, entre la France et les représentants du gouvernement provisoire algérien.

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