lundi 23 janvier 2012

La moralisation du sport professionnel est une nécessité

Je suis intervenu à l'Assemblée nationale, mercredi 19 janvier, lors de la discussion en séance publique de la proposition de loi visant à renforcer l'éthique du sport et les droits des sportifs.

« Le sport occupe une place très importante dans notre société  : 35 millions de pratiquants, 16 millions de licenciés, 2 millions de bénévoles.

« Les intérêts et même les vertus du sport sont nombreux. Ils reposent sur des valeurs particulièrement fortes et utiles à l’individu et à la société : le goût de l’effort, le dépassement de soi, le respect d’autrui et des règles.

« C’est pour cette raison que le sport est une source inégalable d’émotions et donc un puissant vecteur de cohésion sociale. Les exploits de nos sportifs, la popularité de certaines manifestations comme le Tour de France cycliste démontrent la valeur, la puissance symbolique du sport et sa capacité à rassembler la Nation tout entière autour de ces valeurs.

« Mais nous savons aussi qu'à côté de l’idéal sportif et peut-être du fait même de cet idéal, des pratiques douteuses et parfois terriblement dangereuses sont apparues au fil des années. La tricherie, la corruption, le dopage et la violence sont autant de maux qu’il faut combattre avec réalisme et fermeté.

« Les quatre axes de ce texte de loi sont bien adaptés à la problématique actuelle du sport et constituent des réponses appropriées aux enjeux du moment.

« Ainsi l’obligation faite aux fédérations sportives d’établir une charte éthique permet-elle de réaffirmer la place des valeurs dans le sport tout en laissant aux fédérations le soin et la liberté de définir elles-mêmes les principes auxquelles elles sont très attachées. C’est une excellente disposition, car il aurait été excessif que le législateur se substitue au mouvement sportif sur ce point précis.

« Dans le même esprit, la moralisation du sport professionnel est une nécessité que personne ne peut nier même s’il convient sur ce point de continuer à travailler dans le cadre de l’Europe. La limitation des rémunérations des agents sportifs, la création d’une infraction relative à la revente illicite de billets, la prévention des conflits d’intérêt, la lutte contre la corruption sportive liée aux manifestations qui font l’objet de paris sont autant de bonnes mesures et d’avancées significatives qui étaient attendues depuis longtemps par le mouvement sportif et par l’opinion publique.

« La lutte contre le dopage est un autre volet important de ce texte. Sur ce sujet, il faut faire preuve de réalisme et de fermeté.

« Il faut faire preuve de réalisme, car il serait à la fois très injuste et très inefficace de limiter la lutte contre le dopage à quelques disciplines qui font parfois figure de victimes expiatoires dans ce nécessaire combat, qui concerne à la fois l’éthique sportive et la santé publique, ce que ne semble malheureusement pas avoir compris Yannick Noah.

« Quant à la fermeté, ce texte n’en manque pas. Il convient effectivement que le code du sport soit mis en conformité avec les principes du code mondial antidopage, comme il convient aussi de renforcer les pouvoirs de l’Agence française de lutte contre le dopage.

« Le monde sportif, dans ses différentes composantes, est tout à fait favorable à ce texte, tout simplement parce qu’il répond à un objectif très ambitieux et qu’il édicte des règles dont le bien-fondé, la justesse et la précision sont évidents. »

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