mardi 31 janvier 2012

Barrages de la Sélune : l'État doit revoir sa position

Parce que les justifications apportées à la décision d'araser les barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit sont discutables et parce qu'une telle opération est extrêmement risquée pour la vallée, sept élus du Sud-Manche et l'association des amis du barrage demandent à Nathalie Kosciusko-Morizet, dans un courrier commun, de reconsidérer cette décision.

Au fil des décennies, la nature s'est organisée autour des barrages et de leurs lacs. L'homme a su tirer parti de cet environnement nouveau : une intense activité touristique s'est développée, notamment autour de la pêche et de la randonnée.
Un brusque et profond bouleversement de la vallée serait fatal à une bonne part de cette activité. Le délai aujourd'hui imparti est trop court pour opérer une adaptation efficace, par ailleurs menacée par les craintes importantes qui pèsent sur la maitrise des sédiments pollués après suppression des barrages.
Une nouvelle concession, d'une durée de 20 à 30 ans, permettrait à un industriel de rentabiliser son investissement, à l'État d'assurer ses engagements en matière de sources d'énergie renouvelable et au Sud-Manche de mieux préparer une éventuelle suppression des barrages en la repoussant à un horizon plus lointain.
A tout le moins, la mise en place d'un moratoire courant jusqu'en 2020 pourrait être regardée comme une solution transitoire acceptable. Ce laps de temps serait mis à profit par l'État, les collectivités territoriales et les acteurs socioéconomiques concernés pour préparer au mieux un éventuel arasement.
L'acceptation d'un tel moratoire devrait cependant être accompagnée d'engagements fermes et écrits de la part de l'État : pas de fin de concession, pas de baisse du niveau d'eau actuel, concertation approfondie avec les élus et les acteurs socioéconomiques sur le devenir économique et écologique de la vallée, cahier des charges précis des mesures de reconversion, prise en compte du risque d'inondation, maintien de la qualité des eaux, etc.
Le chiffrage précis du cout de l'arasement, de la dépollution et de la reconversion économique et écologique de la vallée devra en outre être établi dans les plus brefs délais. Il n'est pas acceptable que dans une situation financière difficile, l'État se lance à l'aveuglette dans un chantier de plusieurs dizaines de millions d'euros.

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