lundi 21 novembre 2011

Barrages du sud Manche : il faut mettre l'État en face de ses responsabilités

L'arasement des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit devait être un « projet exemplaire », nous avait-on annoncé. Comprenez que l'État se disait prêt à mettre sur la table, sans rechigner, l'ensemble des financements nécessaires à la reconversion, tant écologique qu'économique, de la vallée.
Depuis, le discours a changé et la volonté s'est infléchie.
Alors que l'échéance approche – la vidange est prévue pour 2013 – les études ne sont pas achevées et les crédits restent hypothétiques. Pire, le ministère de l'environnement ne fait plus mystère qu'en ces temps de contraintes budgétaires, les fonds de l'État alloués au projet resteront comptés et que les collectivités locales pourraient être invitées à mettre la main à la poche.
Ceci est inadmissible.
L'arasement, que personne ici n'a demandé et dont personne ne veut, est une décision de l'État. C'est à l'État et à lui seul d'en assumer les conséquences.
J'approuve totalement, à cet égard, la décision du conseil municipal d'Isigny-le-Buat de refuser d'assurer la maitrise d'ouvrage du projet.
J'approuve également le combat raisonné et responsable de l'association des amis du barrage présidée par John Kaniowski.
Comme dans le cas de la ligne THT, nous devons, unanimement, refuser de subir sans contrepartie valable ce qui s'apparente à un véritable diktat technocratique et parisien.
Toutes et tous dans la vallée – habitants, associations, élus ou responsables des structures directement concernées, comme le centre de loisirs de la Mazure – ont pris leurs responsabilités en participant aux différentes instances de concertation et de travail.
Nous avons respecté nos engagements. L'État ,lui, ne respecte pas les siens.
Je le dis donc très fermement : puisqu'il y a, en face de nous, de la mauvaise volonté manifeste, il nous faut stopper immédiatement ce processus, qui sera irréversible dès la vidange de 2013, à l'issue de laquelle personne n'imagine une remise en eau.
Je demande donc la mise en place, immédiate, d'un moratoire. Aucune intervention technique ne doit avoir lieu sans que l'avenir de la vallée soit fixé et que les engagements financiers de l'État soient officiellement actés.
C'est notre responsabilité, essentielle pour l'avenir de notre territoire, de ne pas laisser faire sans réagir.

1 commentaire:

  1. je comprends votre position et je la respecte d'autant plus que tous les voyants actuels sont au rouge : études d'impact induffisantes et incomplètes, financements non prévus, future catastrophe écologique à court terme dans la baie, report des responsabilités sur les collectivités locales, etc....
    comment peut-on faire pour stopper ce processus ? une procédure juridique ?
    peut-on demander un report de la vidange car, si la vidange est lancée, on aura perdu le combat et l'arasement apparaitra comme une évidence mais les conséquences seront lancées sans que l'on puisse les maitriser

    merci de vos élements de réponse

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